Lors de la FleetExpo du 28 octobre dernier, une table ronde autour des dernières tendances automobiles a rassemblé de nombreux experts internationaux pour une discussion passionnante. Les concessions du futur, l’évolution des réseaux de distribution, la place des équipementiers ou encore la mobilité électriques étaient au cœur du débat.
Guido Savi a ouvert cette conférence en confirmant que la distribution automobile et le SAV étaient bien en pleine mutation : multiplication des canaux, intensification de la concurrence ou encore glissement vers des canaux indépendants. Ce shift n’est finalement pas nouveau, puisqu’il y a quelques années, on parlait déjà de vendre des véhicules dans des centres commerciaux… en Europe ce concept n’a finalement jamais vu le jour. Pour Guido Savi, en 2015, les grands gagnants du marché automobile sont les équipementiers : « 80% d’un véhicule est produit par les équipementiers. Hyundai Mobis affiche une rentabilité de 7%, contre 3% pour les constructeurs automobile ».

Dans toute l’Europe, on enregistre également une baisse significative des nombres de concessions, même en Allemagne : en 2012 et 2013, nous sommes passés de 207 concessions par million de conducteurs à 159 ! La solution pour ces concessionnaires ? Mieux contrôler sa marque et surtout l’Expérience Client. Ces derniers se rendent en effet de moins en moins chez le concessionnaire et ont déjà une idée précise du modèle qu’ils souhaitent acquérir. Qu’ils s’agissent de constructeurs ou même leasers, le digital occupe désormais une place primordiale dans la relation, et la satisfaction client : en 2015, plus de 40% des RDV sont pris via une application ou en ligne. Ajoutez à cela l’arrivée de nouveaux indépendants et un réseau occasion qui se professionnalise (citons BMW Premium Select et Renault Occasion) et vous avez la preuve que le marché est en pleine transformation voire même refonte !
FEBAIC, défis futurs et problématiques actuelles
Ce fut ensuite au tour du président de la FEBIAC (Fédération Belge de l’Automobile & du Cycle), Thierry Van Kan de s’exprimer sur les grandes tendances automobiles. Avant cela, le président a rappelé que la mission principale de la fédération était de «défendre les constructeurs, importateurs et leurs sous-traitants en faisant en sorte qu’ils soient dans le contexte économique le plus favorable possible ». M. Van Kan a ensuite listé les défis futurs du secteur automobile à l’horizon 2030 : digitalisation et nouvelles technologies, urbanisation et mobilité urbaine, ou encore « ubérisation ».
Ce sont cependant des problématiques actuelles qui rythment son quotidien, et elles sont nombreuses. La FEBIAC s’est ainsi donnée la mission de répondre à ces challenges. « Il faut avant tout recréer un amour pour l’automobile » ajoute Thierry Van Kan. « Les jeunes n’ont plus l’air de s’intéresser à l’industrie comme nous la connaissons, le technologie a bien plus d’attraits ». De ce fait, on remarque que moins de jeunes se dirigent vers les métiers de l’automobile. La Belgique, et notamment ses plus grandes villes, Bruxelles et Anvers connaissent un véritable problème d’immobilité. Pour cela, le président de la FEBIAC travaille avec le gouvernement à l’instauration de taxes automobiles, qui seront appliquées dès avril 2016 pour les camions.
La valeur ajoutée des leaders du pneumatique
Hankook est le sixième producteur de pneumatiques au monde, et est présent dans plus de 180 pays. Son Directeur Marketing Europe, Antal Takacs, est alors revenu sur les tendances du marché pneumatique. Les constructeurs, à la demande des utilisateurs, se concentrent ainsi sur trois caractéristiques majeures : la consommation de carburant, l’adhérence (et donc la sécurité) mais également le bruit du pneu. Cette tendance est finalement assez similaire à ce qui est fait depuis près de 10 ans.
Ce qui bouscule véritablement le marché, c’est l’apparition de nouveaux canaux de distribution. Hankook cherche alors à développer de nouveaux services d’assistance, une plus-value par rapport à ces nouveaux « players ».
Pariss Automobiles, la France s’inspire de Tesla

Damien Biro, le fondateur de Pariss Automobile, avait également fait le déplacement à Luxexpo pour présenter son roadster 100% électrique. Pour Damien Biro, « l’électrique est aujourd’hui un échec dû à la crise économique et à l’absence d’investissements. Cependant, la marque américaine Telsa a révolutionné le marché, en s’adressant à un public prémium et surtout en offrant une expérience différente. Il s’agit d’un succès à la fois commercial et technologique ».
Avec sa Pariss, l’entrepreneur souhaite offrir le même type de prestations… tout en étant rentable ! La grande différence se situe dans une batterie plus légère, tout en travaillant sur l’aérodynamisme, la résistance à l’avancement ou encore les pneumatiques. C’est justement en allégeant cette batterie, qui correspond à la moitié du coût de revient du véhicule, que Damien Biro pense révolutionner cette électromobilité. Les résultats sont impressionnants : le premier modèle Pariss atteint les 100km/h en 3,3 secondes, pèse moins d’une tonne, et offre une autonomie de 300km à laquelle il faut ajouter la capacité d’un range extender. Les bases sont solides : Damien Biro travaille avec une équipe opérationnelle expérimentée, a déjà obtenu de nombreux financements (54 actionnaires en date du 28 octobre) et collabore avec Bosch engineering. Les premières livraisons sont prévues pour 2016, mais uniquement pour les passionnés de circuit. Nous, simples mortels, devront encore attendre…
La Lorraine, terre d’accueil du véhicule électrique
Le dernier intervenant lors de cet après-midi était Olivier Compes, Directeur ERDF en Lorraine. En Loraine justement, ce sont près de 1300 véhicules électriques qui étaient recensées à la fin du moins d’août. Ces chiffres ont doublé entre 2014 et 2015, preuve du fort développement du véhicule propre chez nos voisins lorrains. D’ici à 2030, selon Olivier Compes, 7 millions de points de recharge devraient être disponibles en France. Il s’agit là de points privés et publics. Le but ? Eliminer cette peur de la panne électrique, alors que le français fait en moyenne 25 km par an…
Le véritable challenge pour les fournisseurs d’électricité est de maintenir la qualité de tension. Pour cela, les réseaux doivent évoluer vers des smart grids. Le véhicule électrique devient alors un outil de régulation qui a également la possibilité de redistribuer l’électricité lorsqu’elle est branchée aux habitations. Il fait alors office de compteur intelligent. En France, EDF et de nombreuses start-ups y travaillent pour développer l’électromobilité dans l’Hexagone, mais également dans toute l’Europe.
Alexandre Keilmann – @Alex_Klmnn


