Apple : L’iPhone 17 Pro s’envole, l’Air s’effondre et le « Mode Isolement » met le FBI en échec

La stratégie d’Apple pour sa nouvelle génération de smartphones semble avoir rencontré un verdict sans appel de la part des consommateurs. Alors que la firme de Cupertino avait misé gros sur une diversification de son offre, les premiers chiffres de vente dessinent un paysage contrasté, marqué par le plébiscite des modèles les plus onéreux et l’échec cuisant de l’iPhone Air.

L’iPhone 17 Pro Max confirme son statut de poids lourd du secteur. Selon les données du cabinet CIRP, ce modèle s’arroge à lui seul 27 % des ventes initiales de la gamme. Si l’on y ajoute les 25 % réalisés par l’iPhone 17 Pro, c’est plus de la moitié des acheteurs (52 %) qui se tournent vers les déclinaisons « Pro ». Une progression notable par rapport à la génération précédente, qui stagnait à 39 % sur ce segment.

Ce succès valide une tendance de fond : l’utilisateur privilégie désormais la performance brute, l’autonomie et la qualité d’affichage — des atouts indéniables du 17 Pro Max, salué pour sa configuration musclée et son stockage pouvant atteindre 2 To — au détriment de l’esthétique pure.

L’iPhone Air : un pari manqué

À l’opposé du spectre, l’iPhone Air, pourtant conçu pour offrir une alternative plus ergonomique, légère et fine, peine à trouver son public. Avec seulement 6 % de parts de marché, ce modèle fait figure d’accident industriel. Les rapports indiquant qu’Apple aurait demandé à ses fournisseurs de réduire la cadence de production dès le mois d’octobre ne font que confirmer ce désaveu.

Il semble que le marché des smartphones ultrafins ne suscite plus l’engouement escompté, comme en témoigne également l’accueil tiède réservé au Galaxy S25 Edge de Samsung. Pour beaucoup d’analystes, l’iPhone Air pourrait n’être qu’un modèle de transition, une parenthèse avant l’arrivée d’un futur iPhone pliant plus ambitieux. Pour l’heure, la finesse ne fait pas le poids face à la batterie.

Une forteresse numérique à l’épreuve du FBI

Si la stratégie hardware d’Apple connaît des ratés avec le modèle Air, sa réputation en matière de protection des données vient de recevoir une validation éclatante, quoique involontaire, de la part des autorités américaines. Une affaire récente impliquant le FBI et une journaliste du Washington Post, Hannah Natanson, a mis en lumière l’efficacité redoutable du « Mode Isolement » (Lockdown Mode).

Lors d’une perquisition au domicile de la journaliste, dans le cadre d’une enquête sur un contractant du Pentagone accusé de mauvaise gestion d’informations classifiées, les agents fédéraux ont saisi plusieurs appareils, dont deux MacBook et un iPhone. Si les agents ont pu accéder au contenu du MacBook — la journaliste ayant été contrainte d’utiliser son empreinte digitale — l’iPhone est resté inviolable.

Selon les documents judiciaires, l’équipe d’analyse informatique du FBI n’a « pas pu extraire » les données du smartphone, précisément parce que celui-ci était configuré en Mode Isolement.

Le « Mode Isolement » : pour qui et pour quoi ?

Introduit avec iOS 16 et macOS Ventura, le Mode Isolement est décrit par Apple comme une protection « optionnelle et extrême ». Il ne s’adresse pas au grand public, mais à une poignée d’individus — journalistes, militants, diplomates — susceptibles d’être ciblés par des cyberattaques sophistiquées ou des logiciels espions d’État.

Concrètement, l’activation de ce mode réduit drastiquement la « surface d’attaque » de l’appareil. Certaines technologies web complexes sont bloquées, les prévisualisations de liens sont désactivées, et les partages de photos restreints. C’est une approche radicale : on sacrifie le confort d’utilisation sur l’autel de la sécurité absolue.

Pour l’activer, l’utilisateur doit se rendre dans les réglages de confidentialité de son iPhone, iPad ou Mac. Une fois enclenché, l’appareil redémarre et exige le code d’accès pour toute opération, désactivant de fait les méthodes biométriques comme Face ID ou Touch ID pour le déverrouillage initial.

Code secret contre biométrie : l’enjeu juridique

Cette affaire relance le débat sur la protection juridique des données. Apple a toujours refusé de créer des « portes dérobées » (backdoors) pour les gouvernements, une position fermement tenue depuis l’attentat de San Bernardino en 2016, où la firme avait refusé d’aider les autorités à contourner le chiffrement de l’iPhone du terroriste.

Les experts en sécurité rappellent régulièrement que le code alphanumérique offre une protection juridique supérieure à la biométrie aux États-Unis. La loi permet souvent aux forces de l’ordre de contraindre physiquement un suspect à déverrouiller son téléphone via reconnaissance faciale ou digitale. En revanche, le code secret est généralement protégé par le cinquième amendement, les autorités ne pouvant forcer une personne à révéler ce qu’elle « sait », contrairement à ce qu’elle « est » (biométrie).

Dans le cas de Hannah Natanson, bien que le mandat autorisât l’usage de la biométrie, c’est bien la combinaison du Mode Isolement et d’un code robuste qui a tenu le FBI en échec sur son mobile. Un rappel puissant que, si l’iPhone 17 Pro séduit par ses performances, c’est parfois dans les réglages logiciels les plus austères que réside la véritable valeur de l’appareil.